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Les promesses du big data

Le big data comme promesse technologique Toute technique génère, au moment de son apparition, un ensemble de promesses, généralement bienvenues, parfois malvenues comme nous le constatons mi-2015 avec les robots tueurs. Ces promesses sont rarement tenues, car il est extrêmement difficile d’anticiper correctement les usages qui seront fait d’une technique, mais d’autres bénéfices viennent généralement se substituer à ceux qui étaient originellement promis. Le laser, par exemple, a généré des anticipations heureusement non survenues, le rayon de la mort par exemple, d’autres plus difficiles à mettre en œuvre, la transmission d’énergie, et d’autres bien plus nombreuses et inattendues, puisqu’il est désormais utilisé massivement dans la vie courante. Le big data n’échappe pas au jeu des promesses. Le big data est un nouveau nom pour désigner la capacité à traiter et analyser des données, appelée auparavant analytics. Mais ces données sont désormais de grandes masses de données, non ou faiblement structurées dont on cherche à tirer des connaissances utiles à l’action. Le big data traite donc de grands volumes de données, de très grande variété, avec une grande vélocité. A ces 3V (Volume, Variété, Vélocité), d’aucuns en ajoutent d’autres, notamment la valeur qu’elles recèlent, la véracité issue de leur traitement, la visualisation des résultats obtenus. La promesse du big data, c’est donc d’une part cette capacité technique à traiter de grandes masses de données peu structurées, mais aussi la capacité à tirer de ces traitements des décisions ou actions, souvent automatiques, sans intermédiation ou validation humaine, et à travers ces actions, évidemment la prétention d’améliorer le bien-être des individus et le bien-être social. Derrière le big data, réside le fantasme... lire plus

La taxation des appels entrants

Depuis quelques années, de nombreux pays africains appliquent une taxe sur les appels entrants sur leur territoire. Bien que chaque pays ait évidemment toute souveraineté sur la fiscalité qu’il met en œuvre, ce type de taxation est problématique. Tout d’abord, elle s’applique à une exportation. Généralement, les pays cherchent à faciliter leurs exportations en évitant de les taxer et à limiter leurs importations en appliquant au contraire des droits de douane.  Or, les appels entrants forment une exportation, puisqu’il s’agit d’une production locale (acheminer les appels sur les réseaux du pays) vendue à l’étranger (les personnes qui appellent la destination nationale sont situées à l’étranger et paient ces appels).  La taxation des appels entrants est donc une des rares exportations d’un pays soumise à taxation. On pourrait penser que ce n’est pas très grave, car il y a vraisemblablement peu de substitutions possibles et que l’élasticité du trafic aux prix peut être jugée modérée. Cette dernière hypothèse reste à valider: on constate en effet dans les pays appliquant une taxation des appels entrants des rééquilibrages de trafic et une forte incitation à la fraude. Qui appelle une destination depuis l’étranger? Principalement deux populations: les entreprises qui commercent avec ce pays certes dont l’élasticité prix peut être faible, mais surtout les nationaux situés à l’étranger, la diaspora, dont le niveau de vie est généralement plus élevé que les parents restés au pays, mais qui est vraisemblablement très sensible aux prix. Un arbitrage s’opère dès lors que la destination d’un pays s’enchérit entre ceux qui continuent à appeler depuis l’étranger et ceux qui se font appeler depuis le pays: ce rééquilibrage... lire plus

Le drame des opérateurs historiques africains

Les opérateurs historiques africains sont aujourd’hui pour beaucoup d’entre eux à la peine. Au début des années 2000, fort de leurs monopoles sur les réseaux fixes et fréquemment sur les réseaux mobiles, ils ont regardé avec un certain dédain les nouveaux entrants déployant des réseaux cellulaires. Parfois, ils ont même été jusqu’à leur refuser l’interconnexion. Ils ont exigé des terminaisons d’appel élevés avant que certains régulateurs ne s’en émeuvent. De 2000 à 2005, ils ont observé la croissance inattendue de ces nouveaux opérateurs, ils ont observé avec surprise la constitution de groupes multinationaux tels MTN ou Celtel, bénéficiant d’accès privilégié aux nouvelles technologies. A partir de 2005, les opérateurs historiques africains ont commencé à s’inquiéter de la prédominance du mobile dans les usages, de l’extension des réseaux plus rapide qu’anticipée, des perspectives offertes par la 3G non encore déployée, mais qui pouvait concurrencer le développement du haut débit fixe. Alors que le continent était le premier au monde à voir ses revenus et son trafic mobile dépasser les revenus et le trafic fixe, les opérateurs historiques ont commencé à réagir, mais selon des stratégies généralement désastreuses. Délaissant tout investissement dans les réseaux fixes, négligeant les opportunités offertes par le basculement du cuivre vers la fibre, ils ont mis tous leurs moyens dans une sorte de course-poursuite des opérateurs mobiles, au mieux en développant de façon exclusive leurs propres filiales mobiles, au pire en se lançant dans une politique de développement de boucles locales radio (le plus souvent en technologie CDMA) de façon à tenter de conserver quelques parts de marché et en essayant dans certains cas de contourner la... lire plus
février 2018
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