Les plates-formes

Premières réflexions sur les plates-formes (centrales transactionnelles):

Intermédiation électronique 1994

Note CGPlan Intermédiation électronique 1994

Depuis 1985, année où se fait jour l’importance de la numérisation des informations transactionnelles avec l’émergence d’échanges structurés d’informations (ce que l’on appelait alors les EDI – Échange de Données Informatisées ou Electronic Data Interchange), il apparaît de plus en plus que les marchés vont subir des transformations importantes du fait des échanges numérisés assurés par ce que nous appelons désormais des plates-formes.

Avant même l’émergence d’internet en 1993-1994, les plates-formes que nous connaissons aujourd’hui sont prévisibles, bien que la plupart des acteurs n’accordent pas à ces signaux faibles l’importance des bouleversements qu’ils signalent. Ce que nous nommions à l’époque des centrales transactionnelles préfigure les plates-formes qui envahissent aujourd’hui tous les secteurs d’activité, qui les « ubérisent » pour reprendre leur qualification médiatique actuelle.

En 1989, une série d’articles publiée dans Télécoms Magazine pointait déjà ces transformations, qu’un rapport commandé par le Commissariat général au Plan en 1993, cherchait à diffuser plus largement: on trouvera ce rapport ainsi que la note de présentation du CGP qui l’accompagnait en référence à gauche.

Les plates-formes d’aujourd’hui décuplent les potentialités de mise en relation que préfiguraient les premières centrales transactionnelles de l’ère pré-internet, d’abord centrées sur les relations BtoB et BtoC avant de connaître l’essor fulgurant que leur confère leur positionnement CtoC.

Les fonctions qu’elles assurent sont de plus en plus nombreuses, qu’elles agrègent dans des modèles d’affaires raffinés. Elles assurent une mise en relation, une rencontre entre deux faces d’un marché, des offreurs et des demandeurs, autour de l’échange de biens ou plus souvent de services, voire la rencontre de personnes dotées de leurs caractéristiques (compétences, intérêts, affinités, etc.). Cette mise en relation s’opère par des algorithmes de filtrage de façon à permettre un appariement le plus adéquat possible: on peut ici parler de market design au sens où Alvin Roth l’entend.

Ces plates-formes existent en dehors du monde marchand, par exemple les plates-formes administratives gérant l’admission des bacheliers dans l’enseignement supérieur (plate-forme APB) ou les plates-formes associatives de toute sorte.

Nous référerons ici les analyses qui nous semblent approfondir les questions qu’elles soulèvent.