L'industrie internet

Le fichier excel contenant toutes les données compilées:

Industrie numérique mi2015

Merci de citer comme source Diginésie

Notre tribune Huffington Post de juillet 2013:

Qui domine internet?

Symbolisée par l’acronyme GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), l’industrie internet est désormais une industrie extrêmement puissante, mais qui reste très concentrée sur deux pays: les États-Unis et la Chine. L’Europe est quasiment absente du club des grands de cette industrie, comme d’ailleurs le reste du monde hors USA-Chine.

Nous fournissons dans le tableur téléchargeable à gauche les chiffres clés de cette industrie mesurée à l’aune de sa capitalisation boursière. En effet, cet indicateur nous apparaît comme le plus pertinent pour la caractériser pour trois raisons:

1. la gratuité est devenue courante sur de nombreuses faces de marchés, et le chiffre d’affaires ne représente plus le potentiel d’une firme. Certains firmes avec un chiffre d’affaires nul et quelques employés ont pu être rachetés un milliards de $ (cf. le rachat d’Instagram par exemple).

2. internet se développe comme place de marché généralisée, mettant en relation les faces multiples de ces marchés. La puissance des firmes vient des externalités que ces places de marché génèrent, qui procurent des positions dominantes à ceux qui savent les capter les premiers. Le chiffre d’affaires n’exprime aucunement cette puissance que par contre la capitalisation boursière (qui est rappelons-le, l’espérance des bénéfices futurs) capte au contraire très bien.

3. La puissance de ces firmes ne vient pas tant de leur activité que de leur valeur boursière. En effet, celle-ci leur permet de racheter facilement et rapidement les pépites qui pourraient les concurrencer dans leur futur et donc, le conforter leur puissance.

Que constate-t-on à la mi 2015?

L’industrie internet (les 157 firmes dont la valeur est supérieure à 1 milliard de $) représente une capitalisation totale de 3533 milliards de $. Cela représente près de 20% du PIB de l’Union Européenne, et c’est à peu près le PIB de l’Allemagne. Dans cette industrie, les 38 firmes qui ont une capitalisation supérieure à 10 milliards de $ représentent près de 90% de ce montant, c’est dire la concentration extrême de cette industrie. Sur ces 38 firmes, une seule est européenne, elles sont sinon basées soit aux Etats-Unis (25 firmes) soit en Asie (Chine 7 firmes, Japon, Corée, Inde).

Les graphiques suivants illustrent les principaux enseignements de cette compilation:

Les 157 firmes ayant à la mi 2015 plus de 1 milliard de $ de capitalisation, sont localisées pour 73% de la valeur capitalisée aux États-Unis, pour 19% en Chine, 4% au Japon et moins de 3% en Europe, dont 0,25% en France !

L’évolution depuis fin 2012 des 12 premières firmes internet montre des croissances, des stagnations et des décroissances. Croissance vive de la plupart des firmes, notamment Uber, mais stagnation relative d’eBay. Au total, ces 12 firmes ont connu de 2012 à 2014 32% de croissance annuelle de leur capitalisation, que bon nombre d’autres secteurs envieraient à l’évidence. Sur le premier semestre 2015, la croissance est plus mitigée avec une croissance équivalente annuelle de 13%.

Quand on intègre l’industrie internet dans toute l’économie numérique et de l’information (firmes présentant une capitalisation supérieure à 10bn$), l’industrie internet (toujours mesurée en capitalisation) représente 1/3 du total, devant chacun des autres secteurs: télécoms (24%), équipements (20%), médias et services informatiques 10% chacun. C’est la composante désormais la plus importante du numérique. Internet représente sur ce périmètre 3169 milliards de $ de capitalisation sur un total de 9688 milliards de $.

Sur ce même périmètre, les États-Unis représentent 61% de la capitalisation mondiale du numérique, l’Asie du sud-est 22% et l’Europe, malgré la force de son secteur télécoms, seulement 12% du total, bien qu’économiquement, elle représente environ un quart de la richesse mondiale.

Ce bilan conforte la faiblesse européenne en la matière que nous avions souligné dans le rapport internet 2030 publié en 2013. Une tribune parue dans le Huffington Post alors rappelait les raisons de ce décrochage.