Le drame des opérateurs historiques africains

Les opérateurs historiques africains sont aujourd’hui pour beaucoup d’entre eux à la peine. Au début des années 2000, fort de leurs monopoles sur les réseaux fixes et fréquemment sur les réseaux mobiles, ils ont regardé avec un certain dédain les nouveaux entrants déployant des réseaux cellulaires. Parfois, ils ont même été jusqu’à leur refuser l’interconnexion. Ils ont exigé des terminaisons d’appel élevés avant que certains régulateurs ne s’en émeuvent. De 2000 à 2005, ils ont observé la croissance inattendue de ces nouveaux opérateurs, ils ont observé avec surprise la constitution de groupes multinationaux tels MTN ou Celtel, bénéficiant d’accès privilégié aux nouvelles technologies. A partir de 2005, les opérateurs historiques africains ont commencé à s’inquiéter de la prédominance du mobile dans les usages, de l’extension des réseaux plus rapide qu’anticipée, des perspectives offertes par la 3G non encore déployée, mais qui pouvait concurrencer le développement du haut débit fixe. Alors que le continent était le premier au monde à voir ses revenus et son trafic mobile dépasser les revenus et le trafic fixe, les opérateurs historiques ont commencé à réagir, mais selon des stratégies généralement désastreuses. Délaissant tout investissement dans les réseaux fixes, négligeant les opportunités offertes par le basculement du cuivre vers la fibre, ils ont mis tous leurs moyens dans une sorte de course-poursuite des opérateurs mobiles, au mieux en développant de façon exclusive leurs propres filiales mobiles, au pire en se lançant dans une politique de développement de boucles locales radio (le plus souvent en technologie CDMA) de façon à tenter de conserver quelques parts de marché et en essayant dans certains cas de contourner la...